Intervention au nom du Groupe Socialiste au Conseil Général

Publié le par Hélène GEOFFROY

Intervention d’Hélène GEOFFROY au nom du Groupe Socialiste

Rapport sur le « Plan Départemental d’Insertion »

Séance Publique du Conseil Général du Rhône

11 Février 2011

 

 

 

 

 

Monsieur le Président, chers collègues,

 

Les derniers chiffres sur le chômage démontrent s’il en était besoin la nécessité d’une politique ambitieuse de notre Assemblée pour en réduire les impacts et améliorer les conditions d’insertion sociale et professionnelle. Nous savons que l’un des piliers d’une insertion professionnelle réussie est un accompagnement de proximité des bénéficiaires du RSA. C’est l’enjeu du rapport d’aujourd’hui.

 

Je souhaitais de nouveau insister sur l’importance de la diversité de l’accompagnement. Les associations qui suivent les bénéficiaires du RSA connaissent des difficultés structurelles. Nous en avons largement débattu dans nos Commissions Locales d’Insertion. Elles sont indispensables à la qualité du suivi des bénéficiaires.

Nous considérons que le travail mené par le Département, de clarification des coûts, d’estimation qualitative du travail effectué par chaque association d’insertion est déterminant et qu’il lui faut maintenant aboutir.

Nous nous félicitons que la majorité ait entendu la voix des socialistes. Voilà plusieurs mois que nous dénonçons la difficulté dans laquelle se trouvent les structures.  Le coût de la place augmente enfin passant de 473 euro à 500 €. Cet effort doit se poursuivre  afin de stabiliser les référents qui accompagnent les bénéficiaires du RSA. Les référents ne peuvent être eux-mêmes dans la précarité.

L’accompagnement, je le disais est fondamental, or dans le même temps les conditions d’accompagnement du Pôle Emploi se dégradent. Chaque agent du Pôle Emploi a en charge 300 personnes. Comment peut-on espérer que le suivi soit de qualité dans ces conditions ? Nous savons qu’un accompagnement de qualité exige que chaque agent n’ait pas plus de 80 personnes à suivre. Nous devons au travers de nos conventions regarder précisément cela et exiger du Gouvernement plus de moyens.

Dans le même ordre d’esprit, je voudrais poursuivre au nom du groupe socialiste le rôle de vigie, celui qui anticipe les problèmes à venir. En effet, il nous faut évoquer le RSA jeunes. Les chiffres départementaux  sont éloquents : 110  jeunes sur tout le Département ont rempli les conditions du RSA jeunes. Alors que l’on sait comment les jeunes connaissent des difficultés. Voilà encore une mesure qui ne sert à rien, nous l’avions déjà dit au moment de sa mise en œuvre. Dans une ville comme la mienne, où les jeunes alternent intérim, CDD, temps très partiel,  avec le taux de chômage des jeunes deux fois supérieure à la moyenne de l’agglomération, au mois de janvier il n’y avait encore aucun jeune remplissant les critères.

La réalité est pourtant terrible, en ces temps de crise majeure, nous recevons en instance de médiation des personnes encore jeunes, elles ont entre 26 et 30 ans au bord de la dépression tant leur découragement est grand. Plutôt que de financer des agences privées de pseudo coaching via les contrats d’autonomie,  mis en place par le gouvernement Nicolas SARKOZY, agences dont le financement a été très élevé pour de piètres résultats. Il aurait mieux valu renforcer les contrats aidés pour les jeunes, les allocations telles le FAJ (Fonds d’Aide aux Jeunes) pour tout ce qui concerne l’accès au logement, au permis de conduire, aux soins etc. Il est évident que nous devons nous réimpliquer dans les Missions Locales. Nous avons cessé de les financer en 2006, nous sommes l’un des seuls départements à ne pas les financer, alors que notre rôle en amont est primordial.  Enfin, concernant les contrats aidés, vous nous annoncez que leur nombre va augmenter. Je sais qu’hier, M. SARKOZY annonce 500 Millions d’euros pour l’emploi. Cette politique de yoyo est insupportable. En novembre 2010, le gouvernement supprimait les contrats aidés et en remettait une partie en janvier mais avec moins d’heures par semaine. Est-ce que ce qui est annoncé en février, disparaîtra en novembre comme l’année dernière, plongeant plusieurs de foyers dans le désarroi ?

Ce n’est pas sérieux. Il ne faut pas jouer avec la vie des bénéficiaires ainsi. Les socialistes attendent une position claire de la majorité sur le sujet.

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