1981, François Mitterrand, je me souviens ...

Publié le par helenegeoffroy.over-blog.com

François Mitterrand est attaché à mon premier souvenir politique le 10 mai 1981. J’assistai ce jour là à une explosion de joie familiale. Je crois même que j’ai esquissé avec mes parents quelques pas de danse ! Je ne comprenais pas tout, mais mon père disait  « nous voilà enfin au pouvoir ». Ce fut la force de cette victoire là. Moi, 11 ans, vivant en Guadeloupe, je me suis sentie portée par cette victoire avec le même enthousiasme qu’un parisien ou qu’un breton. Depuis, la conviction que la politique peut permettre de transcender nos différences pour réunir hommes et femmes dans un idéal commun ne m’a jamais quittée.

Voilà 15 ans déjà que nous quittait François MITTERRAND. Un triste anniversaire qui réunit dans une même pensée tous les socialistes bien sûr, mais au-delà, toutes les femmes et les hommes de Gauche, toutes celles et tous ceux qui restent attachés à l'idée qu'ensemble, l’on peut changer la vie.

Le Président Mitterrand fait pleinement partie de notre histoire commune avec  ses zones d’ombre et de lumière. Son bilan, nous le connaissons tous, nous vivons avec, il est difficile à résumer : la 5ème semaine de congés payés ou la réduction du temps de travail et l'abaissement de l'âge du départ à la retraite à taux plein à 60 ans, l'amélioration de la démocratie sociale et des conditions de travail, l'abolition de la peine de mort, la fin de l'inflation, la hausse des moyens pour l'Éducation Nationale dans les quartiers populaires, la carte des 10 ans, la libéralisation des ondes radio ou l'indépendance renforcée des media, la décentralisation qui démocratise le fonctionnement des Départements et des Régions en même temps qu'elle leur accorde des compétences importantes dans la vie quotidienne et la protection sociale et bien sûr l’idée européenne. Nous n'oublions bien sûr les manquements : la persistance du chômage et notamment celui des jeunes,  le droit de vote qui n'est pas accordé aux étrangers aux élections locales.

La mémoire ne doit pas non plus être passéiste. Cet anniversaire ne doit pas être nostalgique. Ce que je veux retenir dans le "Mitterrandisme", c'est l'actualité de sa pensée et de ses combats. Face à un Gouvernement qui remet en cause les retraites, le mouvement historique de réduction du temps de travail ou la Sécurité Sociale, cette phrase de François MITTERRAND me revient: "L'égalité n'est jamais acquise, c'est toujours un combat".

De François MITTERRAND je retiens aussi cette idée énoncée en décembre 1972, bien avant son arrivée à l'Élysée: « Changer la vie ? On ne la changera pas, en dépit de notre volonté commune, si chacun d'entre nous, à lui tout seul, n'est pas d'abord responsable de lui-même et ne se veut responsable des autres ».  Cette phrase marque le sens de mon engagement : "oui", je veux toujours changer la vie, mais je ne le veux pas seule, je veux le faire avec les gens, dans une société émancipatrice dans laquelle chacun sera acteur de son épanouissement.

Nous ne pouvons pas nous contenter d'une Gauche rhétorique, qui promet de tout révolutionner mais pour plus tard, qui donne des leçons de morale sur ce qu'il faudrait faire ou ce qu'il aurait fallu faire mais sans faire. Je veux une Gauche sûre, une Gauche efficace, qui se donne les moyens de changer les choses non seulement pour les gens mais encore avec les gens et qui sait pour cela que le premier investissement est l'école, qui construit l'autonomie et l'émancipation.

François MITTERRAND nous a quitté hier, le Mitterrandisme reste présent.

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